Habiller (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XIII e siècle, abiller, au sens de « préparer une bille de bois » ; XV e siècle, habiller. Formé à l'aide du préfixe a

et de bille, le h initial venant d'un rapprochement avec habit


I. Rendre propre à un certain usage ; apprêter, préparer. S'emploie dans de nombreux domaines techniques. Habiller une volaille, un lapin, les dépouiller, les vider, les préparer pour la cuisson. Habiller un poisson. Habiller la morue avant le salage. Habiller une peau, la préparer pour le tannage. Habiller un arbre, tailler ses racines, ses radicelles, l'extrémité de ses branches avant de le transplanter. Habiller une pièce de poterie, la munir d'une anse, d'un pied, d'une oreille, etc. Habiller une montre, monter dans le boîtier les diverses pièces du mécanisme.

II. Revêtir ; pourvoir, couvrir de vêtements.
1. Revêtir une personne de ses habits, d'habits. Habiller un enfant. Par ext. Habiller une poupée. Pron. Mettre des habits, se vêtir. Il a été long à s'habiller. Aidez-moi à m'habiller. Spécialt. Revêtir des vêtements de telle couleur, de telle forme, pour telle circonstance, etc. S' de noir, en noir. S' de laine. S' en berger, à l'orientale. S' chaudement, légèrement. S' court, long. S' pour la chasse. Absolt. S'habiller, mettre des vêtements élégants, notamment des habits de soirée, une tenue de cérémonie. Il faudra s' pour ce dîner. Par anal. . Habiller une figure, peindre ou sculpter ses draperies. Habiller une statue à l'antique. Fig. et ordinairement péj. Donner un certain caractère à un personnage. Ce poète habillait les héros de l'Antiquité à la manière moderne.
2. Pourvoir une personne d'habits, lui fournir ou lui confectionner des vêtements. Habiller ses enfants pour l'hiver. C'est ce tailleur qui l'habille. Absolt. Ce couturier habille bien. Pron. Se pourvoir de vêtements. S' de neuf. S' sur mesure, en confection. Il ne sait pas s'habiller, il se vêt sans goût, il choisit mal ses vêtements. Expr. fig. et fam. Dés Pierre pour Paul, voir . Habiller quelqu'un de toutes pièces ou, simplement, quelqu'un (vieilli), en dire beaucoup de mal. Voilà l'auteur bien habillé !
3. En parlant des vêtements, être seyant. Ce manteau vous habille bien. Cette robe l'habille à ravir. Expr. Un rien l'habille, elle porte avec élégance les vêtements les plus simples. Absolt. Une étoffe qui habille bien, qui s'adapte bien aux formes du corps.
4. Recouvrir un objet pour le protéger, le décorer, le cacher. Habiller de paille un arbuste. Des fauteuils habillés de housses. Habiller un livre de maroquin. Habiller des bouteilles, y apposer des étiquettes, une coiffe, etc. Fig. Arranger, dissimuler sous un ornement. Habiller un refus d'excuses polies. Expr. Habiller la vérité, la déguiser.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Revêtir quelqu'un de ses habits. "Habiller un enfant. Un valet de chambre" "qui habille son maître. Il n'est pas encore achevé d'habiller."
En termes de Beaux-Arts, "Habiller une figure" se dit de la Manière dont un peintre ou un sculpteur drape et revêt les figures.
Fig. et fam., "Habiller quelqu'un," En dire beaucoup de mal. "Le voilà bien habillé!"
Il signifie aussi Donner, faire des habits à quelqu'un. "Habiller les pauvres. Habiller des troupes."
Il signifie également Faire des habits à quelqu'un. "C'est tel tailleur qui l'habille." Absolument, "Ce tailleur habille bien."
Il signifie au figuré Donner un certain caractère à un personnage; et, dans cette acception, il se dit ordinairement en mauvaise part. "Ce poète habille à la française les héros de l'antiquité." On dit, dans un sens analogue, "Ce traducteur a habillé Démosthène à la française, à la moderne."
Il se dit encore de l'Effet que font les habits lorsqu'ils sont revêtus. "Cette redingote vous habille bien. Cette robe l'habille à ravir."
Absolument, "Cette étoffe habille bien," Elle est souple et maniable, et elle prend bien les formes.
Il signifie aussi, par extension, Couvrir, envelopper, entourer. "Les gravures de ce livre ont été très adroitement habillées."
Dans la langue technique, il signifie Soumettre à une préparation spéciale en vue de tel ou tel usage. "Habiller un veau," Le dépecer en vue de la vente. "Habiller du poisson, de la volaille," Les préparer en vue de la cuisson. "Habiller de la morue," En ôter les ouïes et l'arête en vue de la salaison. "Habiller une montre," En organiser le mécanisme. "Habiller une pièce de poterie," La munir de tous ses accessoires, anses, pied, oreilles, etc.
S'HABILLER signifie Mettre des habits, se vêtir. "Je le trouvai qui s'habillait. On ne lui donna pas le temps de s'habiller. Le prêtre s'habille pour aller à l'autel."
Il signifie quelquefois Se pourvoir d'habits. "Il s'est habillé tout de neuf. S' dans une maison de confection."
Il se dit aussi en parlant de la Manière dont une personne s'habille, du goût qu'elle met dans le choix et l'arrangement de ses habits. "Cet homme ne sait pas s'habiller. S' de blanc, de bleu, etc. Elle s'habille toujours avec goût. Un homme habillé de noir."
"Costume habillé, Toilette habillée," Costume, toilette que l'on met pour une visite de cérémonie, pour une fête, pour une circonstance où l'on veut paraître à son avantage.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Rendre propre à, disposer (sens primitif, conservé seulement dans certains métiers).
    Terme de cuisine. Dépouiller, vider du gibier, du poisson pour l'accommoder. Habiller un lapin, de la volaille.
     Port-Royal, Térence, Adelphes, III, 4, dans RICHELET: Habillez-moi ces poissons, et, pour ce grand brochet, laissez-le un peu jouer dans l'eau
    Terme de boucherie. Faire l'habillage d'une bête tuée.
    Terme de pêche. Fendre la morue que l'on veut saler et en ôter l'arête.
    Terme de jardinage. Habiller un arbre, en écourter les branches, en visiter les racines avant de le planter, les rafraîchir en les taillant et retrancher les racines endommagées.
    Enluminer les cartes à jouer.
    Préparer une peau de manière qu'elle puisse être employée.
    Préparer un cuir pour le mettre au tan.
    Monter et terminer une carde.
    Passer le lin et le chanvre par le séran ou peigne.
    Ajouter une anse, un pied, une oreille au corps d'une pièce de poterie.

 2   En un sens particulier. Mettre sur quelqu'un les diverses pièces d'étoffe dont on couvre le corps. Habiller un enfant. Un valet de chambre qui habille son maître.
REGNARD: « On voit assez à l'air dont il est habillé, Que c'est l'original dont on nous a parlé »
    Il n'est pas achevé d'habiller, signifie également, on n'a pas achevé de l'habiller, ou il n'a pas achevé de s'habiller.

 3   Donner, fournir des habits à quelqu'un. Tous les ans il habille une famille pauvre.
VOLT.: « Il [un prince qui fait la guerre] trouve incontinent un grand nombre d'hommes qui n'ont rien à perdre, il les habille d'un gros drap bleu à cent dix sous l'aune, borde leurs chapeaux avec du gros fil blanc, et marche à la gloire »
    Fig.
BOSSUET: « Jésus, mon Sauveur, qui dites que l'on vous habille, quand on couvre la nudité de vos pauvres »

 4   Faire des habits à quelqu'un. C'est depuis vingt ans le même tailleur qui m'habille.
LA BRUY.: « Un philosophe se laisse par son tailleur, et il y a autant de ridicule à fuir la mode qu'à l'affecter »
    Absolument. Ce tailleur habille très bien.
    Fig. Habiller quelqu'un de toutes pièces, en dire beaucoup de mal.
    On dit dans le même sens, simplement, .
D'ALEMBERT: « Voilà comme ils vous habillent »

 5   Faire prendre tel ou tel costume.
BALZ.: « Il y en a eu [des empereurs] qui ont habillé des Romains en Perses, afin de montrer des captifs des provinces qu'ils n'avaient pas conquises »
    Fig. Habiller une pensée en vers, la mettre en vers.
BOILEAU: « L'un en style pompeux habillant une églogue »
BOILEAU: « Souvent j'habille en vers une maligne prose »
BOILEAU: « Le temps n'est plus, mes vers, où ma muse en sa force, Du Parnasse français formant les nourrissons, De si riches couleurs habillait ses leçons »
    Fig. Donner à un personnage un caractère qui lui est étranger.
BOILEAU: « En vain certains rêveurs nous l'habillent en reine [la raison], Veulent sur tous nos sens la rendre souveraine »
    En mauvaise part, à la française les héros de l'antiquité.
    On dit dans un sens analogue : Ce traducteur a habillé Démosthène à la française.

 6   Il se dit de l'effet que font les habits qu'on porte. Ce costume vous habille très bien.
    Absolument. Cette étoffe habille bien, elle est souple, maniable, s'adapte aux formes du corps.

 7   Par extension, couvrir, envelopper. Habiller de ronces le tronc d'un arbre pour le préserver de la dent des animaux.
BOILEAU: « Il est fâcheux, grand roi, de se voir sans lecteur, Et d'aller du récit de ta gloire immortelle Habiller chez Francoeur le sucre et la cannelle »
BOILEAU: « Eschyle dans le choeur jeta les personnages, D'un masque plus honnête habilla les visages »
    Fig. Habiller un conte, le raconter de manière que ce qu'il peut renfermer de graveleux ou de trop libre soit caché.

 8   Terme d'arts. Draper les figures. Ce peintre, ce sculpteur ne sait pas ses figures.

 9   S'habiller, v. réfl. Mettre des habits. Je m'habille et je pars.
LA FONT.: « Il s'habille en berger, endosse un hoqueton, Fait sa houlette d'un bâton »
    Se pourvoir d'habits. Il s'habille chez les premiers faiseurs.
    Il se dit de la manière de s'habiller. Il s'habille très bien. Il s'habille à l'antique. Cette femme ne sait pas s'habiller.
    Absolument, s'habiller, se mettre en toilette. Je vais dîner volontiers chez eux, parce que je n'ai pas besoin de m'habiller.
    Fig. Se couvrir.
RÉGNIER: « Quant Saint-Marc s'habilla des enseignes de Thrace »
MOL.: « Le monde aujourd'hui n'est plein.... que de ces imposteurs qui.... s'habillent insolemment du premier nom illustre qu'ils s'avisent de prendre »

 10   S. m. L'action d'habiller.
SAINT-SIMON: « Tant à son qu'à sa promenade j'observai soigneusement son maintien [du roi] »
SAINT-SIMON: « Si on lui faisait attendre au roi quelque chose à son , c'était toujours avec patience »

HISTORIQUE
    XVème siècle
MONSTREL.: « Et après s'assemblerent la plus grand partie des plus nobles et mieux habillés [armés] »
COMM.: « Le roy entra le lendemain en la cité de Florence ; et lui avoit ledit Pierre fait [tendre] sa maison »
COMM.: « Vindrent aucuns messagers qui avoient ainsi veu ces chanoynes [il est dit plus haut qu'on en tua cinq ou six et mit un autre en pièces] »
LOUIS XI: « Lors fit ainsi les perdrix, et, quand elles furent prestes et rosties.... le vin apporté, oeufs en diverses façons habillés et mis à point »
DU CANGE: « La suppliante se print à le disner d'elle et des gens de son hostel »
DU CANGE: « Comme le suppliant est prest et habillé de faire plaisir et service à autruy »
SALIGNY: « Il fut habillé et pensé [pansé] ainsi qu'on le peut faire »
     Lancelot du lac, t. III, f° 112, dans LACURNE: Lors n'eut povoir d'aller plus avant, comme celluy qui tellement estoit habillé [maltraité] que il avoit perdu le povoir du corps
     ib. t. II, f° 86: Si trouva son cheval tout sellé que Brisanne luy avoit faict
     Hist. d'Artus III, connest. de France, p. 776, dans LACURNE: Incontinent fit mondit seigneur un bateau, qu'il fit bien equiper de mariniers
    XVIème siècle
AMYOT: « Le mestier d' à soupper et de faire la cuisine »
CARLOIX: « Ne saichants par quel bout y commencer, ils ent bien fort à rire aux viels guerriers »
PARÉ: « Le chirurgien, chacune fois qu'il a le patient, comprimera la dure mere avec un tel instrument »

ÉTYMOLOGIE
    Bourg. habillé, de habile dans le sens de commode, qui est à point, qui va. Habiller est proprement rendre dispos, mettre à point, d'où vêtir.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Donner, faire faire des habits à quelqu'un. "Habiller les pauvres. Habiller sa livrée. Habiller des troupes."
Il signifie également, Faire des habits à quelqu'un. "C'est tel tailleur qui l'habille." Absolument, "Ce tailleur habille bien."
Il se dit, dans un sens analogue, en parlant De la manière dont un peintre ou un sculpteur drape et revêt les figures. "Ce peintre, ce sculpteur ne sait pas ses figures. Habiller bien ses figures."
Il signifie figurément, Donner un certain caractère à un personnage; et, dans cette acception, il se dit ordinairement en mauvaise part. "Ce poëte habille à la française les héros de l'antiquité." On dit dans un sens analogue, "Ce traducteur a habillé Démosthène à la française, à la moderne."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit encore De l'effet que font les habits lorsqu'on les a sur soi. "Cette redingote vous habille bien. Cette robe l'habille à ravir."
Absol., "Cette étoffe habille bien," Elle est souple et maniable, et elle prend bien les formes.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie quelquefois, par extension, Couvrir, envelopper. "Il faut de ronces le tronc de cet arbre, pour que les passants ne l'endommagent pas. Ses vers iront chez l'épicier le sucre et la cannelle." Ce sens est ordinairement familier.
Il se dit, figurément, dans un sens analogue. "Habiller une pensée en vers," La mettre en vers.
"Habiller un conte," Couvrir, par la manière de conter, ce qu'il peut y avoir d'indécent dans le fond. "Le sujet de ce conte est un peu libre, mais il est habillé de manière à ne choquer personne."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit en parlant De certains animaux qu'on écorche et qu'on vide pour les mettre en état de pouvoir être accommodés à la cuisine. "Habiller un veau, un mouton, un lapin." On dit de même, "Habiller du poisson, de la volaille, etc."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



avec le pronom personnel, signifie, Mettre des habits, se vêtir. "Je le trouvai qui s'habillait. On ne lui donna pas le temps de s'habiller. Le prêtre s'habille pour aller à l'autel."
Il signifie quelquefois, Se pourvoir d'habits. "Il s'est habillé tout de neuf. S' à la friperie."
Il se dit aussi en parlant De la manière dont une personne s'habille, du goût qu'elle met dans le choix et l'arrangement de ses habits. "Cet homme ne sait pas s'habiller. S' de blanc, de bleu, etc. Elle s'habille toujours avec goût."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Vêtir quelqu'un, mettre un habit à quelqu'un. "Un valet de chambre qui habille son maître. Je le trouvai qui s'habilloit. On ne lui donna pas le loisir de s'habiller. Le Prétre s'habille pour aller à l'Autel."
On dit d'Un homme qui n'est pas encore tout-à-fait habillé, qu'"Il n'est pas encore achevé d'habiller."
Il signifie aussi, Donner, faire faire un habit à quelqu'un. "Habiller les pauvres. Habiller sa livrée. Habiller des troupes."
Il signifie encore, Faire un habit à quelqu'un. "C'est un tel Tailleur qui l'habille."
On dit aussi absolument, "Ce Tailleur habille bien."
On dit qu'"Un Peintre, un Sculpteur habillent bien leurs figures," pour dire, qu'Ils entendent bien les draperies, qu'ils donnent à leurs figures des vêtemens convenables.
On dit encore absolument, qu'"Une étoffe habille bien," pour dire, qu'Elle est souple et maniable, et qu'elle joint bien sur le corps.
On dit aussi, qu'"Un homme s'habille bien," pour dire, qu'Il porte ordinairement des habits bien faits et bien assortis.
On dit, qu'"Un homme s'habille à la friperie," pour dire, que C'est à la friperie qu'il se fournit d'habits.
On dit figurément, "Habiller un héros, un personnage à la Françoise," pour dire, Leur donner, quoiqu'ils n'aient point été François, l'air et le caractère François.
On dit, "Habiller un conte," pour dire, Couvrir par la manière de conter ce qu'il peut y avoir d'indécent dans le fonds. "Le fonds de ce conte est obscène, mais il est habillé de manière qu'on peut le lire."
On dit, "Habiller quelqu'un de toutes pièces," pour, En dire toute sorte de mal.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Habiller, se dit en parlant De certains animaux qu'on écorche et qu'on vide pour les mettre en état de pouvoir être accommodés à la cuisine. "Habiller un veau, un mouton, un lapin."
On dit aussi, "Habiller une carpe."



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Vêtir quelqu'un, mettre un habit à quelqu'un. "Un valet de chambre qui habille son maître. Je le trouvai qui s'habilloit. On ne lui donna pas le loisir de s'habiller. Le Prêtre s'habille pour aller à l'Autel."
On dit d'Un homme qui n'est pas encore tout-à-fait habillé, qu'"Il n'est pas encore achevé d'habiller."
Il signifie aussi, Donner, faire faire un habit à quelqu'un. "Habiller les pauvres. Habiller sa livrée. Habiller des troupes."
Il signifie encore, Faire un habit à quelqu'un. "C'est un tel Tailleur qui l'habille."
On dit aussi absolument, "Ce Tailleur habille bien."
On dit encore absolument, qu'"Une étoffe habille bien," pour dire, qu'Elle est souple & maniable, & qu'elle joint bien sur le corps.
On dit aussi, qu'"Un homme s'habille bien," pour dire, qu'Il se met bien & de bon air, qu'il porte ordinairement des habits bien faits & bien assortis.
On dit, qu'"Un homme s'habille à la friperie," pour dire, que C'est à la friperie qu'il se fournit d'habits.
On dit figurément, "Habiller un héros, un personnage à la Françoise," pour dire, Leur donner, quoiqu'ils n'aient point été François, l'air & le caractère François.
On dit aussi figurément, "Habiller une faute, une mauvaise action," pour dire, Les déguiser, les présenter sous des dehors favorables. "Comment a-t-il cette faute?"
On dit encore dans le même sens, "Habiller un conte. Le fonds de ce conte est obscène, mais il est habillé de manière qu'on peut le lire."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit en parlant De certains animaux qu'on écorche & qu'on vide pour les mettre en état de pouvoir être accommodés à la cuisine. "Habiller un veau, un mouton, un lapin." On dit aussi, "Habiller une carpe."




Emplacement dans le dictionnaire :

habilitant
habilitation
habilité
habiliter
habillable
habillage
habillant
habillé
habillement

habilleur
habilleuse
habillot
habit
habitabilité
habitable
habitacle
habitâcle
habitant
habitat
habitation




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...de figure. Dans ces grandes villes, son costume s'était modifié beaucoup plus qu'elle-même. Bien qu'elle eût gardé cette coiffe, que les bretonnes quittent difficilement, elle avait vite appris à s'habiller d'une autre façon. Et sa taille autrefois libre de petite pêcheuse, en se formant, en prenant la plénitude de ses beaux contours germés au vent de la mer, s'était amincie par le bas dans de longs...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...soit de pensée, qui sont certainement religieuses et qui, pourtant, s'appliquent à des rapports d'une tout autre sorte. La religion défend au juif de manger de certaines viandes, lui ordonne de s'habiller d'une manière déterminée ; elle impose telle ou telle opinion sur la nature de l'homme et des choses, sur les origines du monde ; elle règle bien souvent les relations juridiques, morales,...


Citation n°3 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...pour peindre la stupéfaction des lorrains nerveux au milieu desquels ils étaient transplantés, à la vue de ses tours de force. Ils racontèrent l'ahurissement du capitaine, quand il avait fallu habiller le grand corps, à qui rien n'allait des vêtements préparés d'avance. Les godillots surtout, pareils à des péniches, qu'il avait fallu fabriquer chez le maître bottier de la ville, et qu'on avait...


Citation n°4 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)

...Bien qu'il eût sacrifié tout le premier et unique étage de sa maison qu'il n'habitait personnellement pas, le rez-de-chaussée avait à lui seul nécessité des séries nombreuses de cadres pour habiller les murs. Ce rez-de-chaussée était ainsi distribué : un cabinet de toilette, communiquant avec la chambre à coucher, occupait l'une des encoignures de la bâtisse ; de la chambre à coucher, l'on...


Citation n°5 de André THEURIET (La Maison des deux barbeaux)

...parcimonieuses de la province... nos cousins sont fort riches et ils ne dépensent pas leurs revenus. -on s'en aperçoit, dit la jeune fille, je suis gelée et je n'aurai jamais le courage de m'habiller. à la fin elles surmontèrent pourtant l'engourdissement qui les clouait sur place ; le sentiment des convenances, joint à un réveil de coquetterie, les poussa à ouvrir leurs caisses et à procéder...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...